INTERVENTION

Le but de l’intervention est de remplacer la surface articulaire dégradée de votre genou par une prothèse.

Le but n'est pas de changer totalement le genou mais de resurfacer ce dernier.

On remplacera la surface ostéo-cartilagineuse endommagée par une surface en métal au niveau du fémur et du tibia, et on interposera entre ces dernières une sorte de patin en plastique (polyéthylène) ou insert.

L’intervention se fait dans un bloc opératoire hyperaseptique sous anesthésie générale en général.

Elle dure environ 1 heure à 1h15.
L’incision est située à la face antérieure du genou. L’articulation ouverte, la rotule est luxée en dehors, exposant les surfaces articulaires. Les ligaments croisés, les ménisques et les ostéophytes sont excisés. 
Un ancillaire permet de réaliser les coupes spécifiques du tibia et du fémur pour restaurer l'axe mécanique et l'équilibre ligamentaire du genou.
Le cartilage rotulien est retiré avant scellement d'un médaillon prothétique en polyéthylène.

La mobilité, l’équilibre ligamentaire et le centrage de la rotule sont vérifiés avec des implants d’essais.
La prothèse définitive est ensuite cimentée et impactée.
L’articulation est abondamment lavée. La fermeture de la capsule articulaire puis des différents plans superficiels s'effectue genou fléchi. La fermeture cutanée se fera par le nouveau système de fermeture ZipLine (https://www.ziplinemedical.com) ou une suture à points séparés de fils non résorbables, les agrafes étant dans notre expérience source de douleurs inutiles.
Un pansement compressif est laissé 48 heures.

La prise en charge de la douleur se fera par l’administration d’antalgiques adaptés.

Voici la technique opératoire cliquez ici

RISQUES ET COMPLICATIONS POSSIBLES

            Risques et complications communs à toute intervention

En dépit des soins et prévention, certains accidents ou incidents peuvent se produire au cours de l’opération prévue. Il faut citer:

  1. La blessure de tissus voisins (muscles, tendons).

  2. Une fracture du fémur ou du tibia, dont le risque est accentué par une ostéoporose et chez le sujet âgé. Elle peut justifier une ostéosynthèse ou une décharge prolongée. 

  3. La blessure de nerfs qui peut entraîner, même après reprise chirurgicale, des troubles durables tels qu’une paralysie partielle ou des douleurs irradiées.

  4. La blessure de certains vaisseaux qui peut entraîner une hémorragie abondante. Une transfusion sanguine peut être nécessaire pour compenser les pertes.

Malgré le bilan préopératoire, certaines découvertes durant l’intervention peuvent justifier de la part de votre chirurgien une modification du plan établi initialement et une adaptation du geste chirurgical.

  • Complications précoce propres à l’arthroplastie de genou

  1. Une infection du site opératoire peut se produire malgré la prévention systématique. Ce risque est accentué par une fatigue générale ou une maladie intercurrente. Une mauvaise hygiène n’est pas simplement compensée par une douche la veille de l’opération.

  2. Une phlébite peut survenir malgré une prévention systématique par  anti-coagulants. Ces phlébites une fois constituées peuvent laisser des séquelles douloureuses durables mais également se compliquer d’embolie pulmonaire. La marche et la poursuite du traitement anti-coagulant efficace après l’intervention jusqu’à l’abandon des cannes  sont le plus souvent les meilleurs moyens d’éviter ces complications.

  3. Un hématome peut se constituer malgré le drainage. Le plus souvent, il reste superficiel, diffuse sous la peau et crée une tension non douloureuse du mollet. Dans certains cas exceptionnels, il peut nécessiter un ré-intervention. Il apparaît quasi en permanence chez des personnes traitées en pré-opératoire par des traitements anticoagulants tels que : Kardegic, Previscan, Plavix, Duoplavin, Pradaxa, Xarelto etc..

  4. Une nécrose cutanée : Plus fréquente en cas de chirurgie de reprise une intervention plastique de couverture est parfois nécessaire.

  5. La raideur du genou : Pendant les 4 premières semaines des adhérences cicatricielles peuvent enraidir le genou en dépit d’une kinésithérapie quotidienne. Une mobilisation sous brève anesthésie de quelques minutes permet alors une mobilisation indolore dans tout le secteur de mobilité. Ce geste nécessite une ré-hospitalisation de 48 heures.

  • Complications tardives propres à l’arthroplastie de genou

  1. Enraidissement tardif : Associant une gonalgie inflammatoire parfois projetée et une ankylose, il s’agit d’une algodystrophie. La cause n'en est pas connue. Elle survient le plus souvent après un traumatisme ou une intervention chirurgicale. Le traitement est médical et sera instauré parfois en centre anti-douleur. Il pourra se résumer à un simple traitement antalgique, ou a un traitement oral anti-depresseurs. Si ce syndrome algodystrophique est plus important avec des douleurs sévères, un enraidissement majeur, alors un traitement plus invasif par blocs sera institué. Un garrot sera mis en place et une injection intraveineuse de vasodilatateurs et d'anesthésiques sera réalisée. Plusieurs blocs sont souvent nécessaires et ne permettent un résultat satisfaisant qu’après de longs mois. Tout traitement quel qu'il soit, n'entraînera qu'une diminution de la durée d'évolution qui est normalement de 12 à 18 mois... il n'y a malheureusement pas de traitement miracle.

  2. Une infection autour de la prothèse par dissémination à partir d’un foyer infectieux à distance (dentaire, urinaire, pulmonaire, cutanée etc...). Une réintervention peut être  nécessaire, jusqu'à  l'ablation de la prothèse et son remplacement en un ou deux temps associée à une antibiothérapie de plus de trois mois.

  3. Le descellement : la durée de vie d'une prothèse de genou est variable, 15 à 20 ans. Une surcharge pondérale, des traumatismes répétés constituent des facteurs péjoratifs . Le descellement nécessite une ré-intervention avec mise en place d’une nouvelle prothèse adaptée au capital osseux.

Cette suite d’informations exhaustives et médicolégales ne doit pas vous empêcher d’aborder votre arthroplastie avec sérénité.